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Coûts des défauts d’interopérabilité : enfin des chiffres pour la France

Travailler avec des outils non interopérables, combien ça coûte ? « 17 $/m² construit » répond une étude lancé par le NIST en 2002 auprès des entreprises de Bâtiment américaines. Soucieuse d’adapter cette étude au contexte français et d’établir un chiffre plus récent, la FFB a mesuré les coûts des défauts d’interopérabilité, afin de mieux mettre en évidence les manques à gagner pour les entreprises.

Le résultat pour les entreprises

L’étude révèle que le manque d’interopérabilité coûte environ 40 €/m² de SHON pour les entreprises. Les coûts sont majoritairement liés à la durée des chantiers (coût des données incompressible) et à la ressaisie manuelle des informations. Les écarts constatés par rapport aux résultats de l’étude du NIST ont plusieurs explications : le délai de huit ans entre les deux études, des structures d’outils de production très différentes (absence d’entreprises moyennes en France) et des pratiques très distinctes entre les « general contractors » aux États-Unis et les entreprises générales en France. Il paraît donc normal que les entreprises françaises interrogées aient des comportements différents par rapport au BIM. « Ces dernières nous ont avoué leur réticence à utiliser cet outil, reprend M. Léglise. Elles ont l’impression que l’interopérabilité cache des problèmes comme l’ajout d’étapes de validation supplémentaires, la transmission des erreurs d’un fichier à l’autre sans vérification… Elles ont donc besoin d’aide pour effectuer ce passage ! »

Le résultat pour la maîtrise d’ouvrage

L’étude n’a pas permis de donner de réponse pour la construction neuve. En revanche, elle annonce un coût de 2,3 €/m² de SHON généré par an, pour la gestion de patrimoine. « Pour les maîtres d’ouvrages, les coûts principaux concernent la réalisation du DOE ainsi que le contrôle des données, explique le statisticien. Mais avec le BIM, ils craignent de perdre du temps dans les étapes de validation et considèrent que la méthode est peu adaptée aux contraintes administratives ». La réalisation de cette étude n’a pas découragé Patrick Duchâteau, Responsable du service informatique et statistique de la FFB : « Les réactions des entreprises ne sont pas nouvelles, mais elles ne signifient pas non plus que le changement de mentalité ne se fera pas. À nous de leur montrer que l’interopérabilité n’est pas une contrainte et permet, au contraire, de se recentrer sur son cœur de métier. Il est temps de sensibiliser nos adhérents et l’ensemble des acteurs au moyen de projets concrets. La FFB est prête à aider ceux qui veulent se lancer ! » En tout cas, l’ampleur des économies à réaliser devrait donner envie à la filière de se tourner vers le BIM…

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